Pour
séduire les investissements directs étrangers (IDE) et renforcer l’attrait du
site Tunisie auprès des fonds souverains en quête perpétuelle de terres
dynamiques, libérales et innovantes dans l’espace proliférant de l’économie-monde,
les pouvoirs publics ont mis en œuvre des incitations fiscales alléchantes aux
entreprises exportatrices dans le domaine de la taxation, amélioré les
infrastructures relatives à la logistique du transport et simplifié les règles
du commerce extérieur. Grâce à cette politique volontariste, entamée de plus
belle depuis les différents accords d’association, de voisinage, de
libre-échange avec l’Union européenne, la Tunisie continue d’être à la tête des
pays de la région du Maghreb dans le cadre de son ouverture aux échanges
internationaux et d’attirer d’importants flux d’IDE.
Cela dit, d’après certaines agences de notation internationale, la concurrence
que se livrent les Etats du sud de la méditerranée pour un meilleur
positionnement de leurs économies vis-à-vis du nord industrialisé, a permis à
certaines nations, depuis le début du millénaire, de rattraper rapidement leur
retard par rapport à notre pays.
En effet, alors que la part de l’IDE dans le PIB a augmenté, de nos jours, de
15% en Tunisie, elle a doublé en Algérie, quadruplé en Turquie et atteint des
niveaux inégalés au Maroc (près de dix fois), ce qui doit pousser les agences en
charge de la promotion de l’image du pays (ONTT, FIPA, ATCE, OTE….) à redoubler
d’efforts pour créer une synergie entre leurs actions, élaborer une stratégie de
communication globale et mettre davantage en valeur les atouts de la Tunisie sur
le plan international.
Ce déficit de démultiplication par rapport à nos voisins interroge finalement
notre modèle marketing en vigueur et invite les pouvoirs publics à restructurer
le travail promotionnel de l’image du pays qui ne peut se contenter d’être
adopté par cinq à six Etats européens et quelques émirats du Golfe arabique pour
espérer s’arrimer à l’économie mondiale et prioriser les normes internationales
relatives aux pratiques de la bonne gouvernance.
Pour plus de compétitivité
Renforcer l’image de la Tunisie en tant que pays de destination des IDE, suppose
tout d’abord l’appel aux réseaux de compétences tunisiennes à l’étranger, la
mobilisation du personnel diplomatique, soupçonné de carence au niveau de la
culture marketing, l’augmentation de la notoriété du pays et de son potentiel,
d’une manière structurée et continue et un nouvel positionnement de l’entreprise
tunisienne dans la stratégie de promotion des IDE.
En fait, le tissu industriel local, orienté vers le marché national est
totalement séparé du segment accroché à l’international. On récolte ainsi deux
économies qui se côtoient et s’ignorent superbement. Même les échanges entre les
entreprises partiellement exportatrices et les compagnies vouées entièrement à
l’exportation sont insignifiants. Dans ces conditions, déclare un membre du
bureau exécutif de l’UTICA, le transfert du savoir faire organisationnel et
technologique est demeuré lent et limité. La part de la valeur ajoutée dans les
exportations qui reste dans le pays est dérisoire puisqu’elle ne correspond
pratiquement qu’à la masse salariale du personnel de production.
«Il faut, à l’avenir, créer une zone de
libre-échange «Tunisie-Tunisie» entre
les entreprises industrielles et de services partiellement exportateurs, d’une
part, et les entreprises totalement exportatrices, d’autre part, et simplifier
au maximum les procédures de commerce extérieur entre elles par l’adoption d’une
déclaration en douane unique (Export-Import) faite soit par l’exportateur ou
l’importateur», recommande le rapport de la
Consultation Nationale sur l’Emploi
qui appelle à réduire le coût du transport aérien et maritime, à fiabiliser les
services de télécommunication afin d’assurer au site Tunisie les niveaux
compétitifs les plus élevés de la région méditerranéenne.