Le coup d’envoi de la quatrième édition du «ICT4All Forum Tunis+4» a été lancé
aujourd’hui, 24 novembre 2009, par M. Mohamed Gannouchi, Premier ministre
tunisien. Sous le signe de «TIC : Innovation, levier de compétitivité et de
croissance», le forum promet d’être fructueux, vu la qualité des participants,
qu’on dénombre à 1.000, venus d’une cinquantaine de pays. Mais si l’innovation
est le principal thème de cette édition, la problématique du financement et de
l’accès des pays pauvres aux TIC demeure une question âprement discutée lors de
la séance d’ouverture.
«La connectivité des zones rurales et isolées reste encore un des plus grands
défis à relever. L’Union Internationale des Télécommunications a un grand rôle à
jouer pour venir en aide aux pays pauvres. C’est ainsi qu’on a lancé une série
de sommets ‘’Connect the world’’. Le premier sommet a porté le nom de ‘’Connect
Africa’’ en 2008. Il a permis de mobiliser 55 milliards de dollars américains»,
a affirmé M. Hamdoun Touré, secrétaire général de l’UIT. L’importance de cette
édition est qu’elle se situe à mi-chemin entre le
SMSI (Sommet mondial sur la
société de l’information), Tunis 2005, et la phase d’évaluation en 2015. M.
Touré indique qu’un forum de haut niveau sera organisé en 2010 pour dresser le
bilan et le degré d’avancement du plan d’actions du SMSI.
Par ailleurs, M. Hédi Djilani, président de l’UTICA, a insisté sur l’aide au
développement en Afrique qui n’arrête pas de baisser depuis 2006 (-4,7%) pour
atteindre -8% en 2007. Et avec la crise, la situation risque d’empirer surtout
avec la baisse du pouvoir d’achat du consommateur européen. «Ceci peut nuire à
l’Afrique d’autant plus que, représentant 10% de la population mondiale, le
continent ne concourt qu’à hauteur de 1% du PIB mondial, de 1% des
investissements et de 2% du commerce mondial. Avec la crise, l’Afrique doit
supporter les effets évoqués par d’autres», souligne-t-il en ajoutant que la
fracture numérique est multidimensionnelle. Sur le rôle des TIC, il affirme que
celles-ci ne parviennent pas à améliorer la vie des peuples, elles ne peuvent
qu’augmenter leurs frustrations.
Mais si les TIC concourent davantage à un gain de compétitivité, c’est qu’elles
nécessitent des ressources financières allant de paire pour consolider
l’infrastructure et les ressources humaines indispensables, surtout dans les
pays pauvres. «Le financement des
TIC devient urgent. Les pays développés
devraient donner plus d’attention aux PME», affirme M. Supachai Panitchpadi,
secrétaire général de l’UNCTAD. D’autant plus que l’investissement dans
l’infrastructure attire davantage les investisseurs.
Pour le cas de l’Afrique, M. Djilani a lancé l’appel vers un partenariat Sud-Sud
comme solution à cette problématique, en étroite coopération avec le Nord.
Le rôle des TIC dans la stimulation de la croissance est donc prévisible. Mais
faut-il encore rassembler toutes les conditions favorables pour son
développement. La diffusion des TIC, qui demeure faible aujourd’hui, ne peut
s’étendre que par un partenariat innovant entre les gouvernements, la société
civile, le secteur privé et les organismes internationaux.