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Pourquoi les hôteliers ne font-ils pas un accueil plus enthousiaste au PMNH ?
Ali Chelbi : En partie à cause des primes qui sont jugées pas suffisamment
alléchantes. Plafonnées à 150.000 D, elles portent sur 10% de l’investissement
et, depuis cet été, elles portent sur 50% des investissements sur l’aspect
immatériel. Cette nouvelle mesure va probablement attitrer davantage d’hôteliers
vers ce programme ?
Que pensez-vous de ce programme ?
Le
PMNH s’est inspiré de la mise à niveau industrielle. Cependant, contrairement
à l’industrie, où le besoin de modernisation des équipements est primordial pour
être compétitif sur le plan technologique, le problème de l’hôtellerie n’est pas
d’ordre physique ou matériel. Certaines unités hôtelières tunisiennes n’ont rien
à envier aux plus grands hôtels dans le monde, sur le plan des installations
physiques. Le problème n’est pas dans l’infrastructure. Il est dans la gestion,
le positionnement, le marketing, les ressources humaines...
Or, ces problématiques, d’ordre immatériel, ne sont pas faciles à appréhender
par les hôteliers, seuls. Ils doivent être aidés par exemple, dans le choix des
experts qui vont les accompagner, dans leurs méthodes d’intervention, dans
l’évaluation… C’est pourquoi, si l’on veut améliorer les performances des
hôteliers sur ces problématiques, il faudrait bâtir des programmes
d’accompagnement et de formation ciblés, construits sur la durée, avec des
objectifs de résultat.
Le fait de donner des primes à l’investissement est à maintenir, et cela
incitera toujours les hôteliers à investir. Mais il faudrait prévoir un autre
axe dans ce programme de mise à niveau, qui comporte de telles actions
d’accompagnement et de formation. Une dizaine d’axes importants pourront être
identifiés, en accord avec la profession, et feront l’objet de cahiers des
charges décrivant leur mode de déroulement. Ces actions seront financées par l’Etat,
mais les hôteliers doivent y contribuer, par exemple à hauteur de 20 ou 30%.
Une communication adéquate autour de ces axes est à prévoir, et, surtout, une
médiatisation des résultats futurs, pour créer un effet d’entraînement.
Certains affirment qu’il est difficile d’effectuer une mise à niveau hôtelière
sans faire de mise à niveau touristique. Qu’en pensez-vous ?
C’est le meilleur moyen de rester dans un dangereux immobilisme. Il est clair
que la mise à niveau est un tout, mais commençons par le commencement : «Que
chacun balaye devant sa porte». Certes, le circuit suivi par un touriste
comporte plusieurs étapes, dont celle de l’hôtel. Mais celle-ci demeure
importante, et il faut qu’elle soit «mise à niveau».
Ne pensez-vous pas que les conditions d’éligibilité au PMNH excluent les hôtels
qui ont le plus besoin de mise à niveau ?
Les établissements hôteliers endettés ont besoin d’un programme d’assainissement
financier. Ils ne peuvent travailler efficacement à leur positionnement et
gestion avec des soucis d’endettement. Ils ont d’autres problématiques
auxquelles on doit répondre avec d’autres moyens et outils que la mise à niveau.
Les conditions d’éligibilité actuelles sont donc à maintenir.