La promotion du
tourisme saharien, dites-vous? Oui, c'est une problématique à
laquelle professionnels -y compris les transporteurs aériens- et
administration
du tourisme tentent d'apporter une ou des solutions. Car malgré sa spécificité
et sa particularité, ce type de tourisme n'a pas encore réussi à attirer assez
de touristes à l'instar du tourisme balnéaire.
L’une des actions entreprises pour promouvoir le
''produit saharien'', c'est
l’ouverture de cinq lignes aériennes directes de Tunisair entre la région et
certaines villes européennes, notamment Lyon, Nice, Paris, Milan et tout
dernièrement Madrid. Cependant, la rentabilité de ces lignes constitue une
préoccupation des responsables de la compagnie. «La rentabilité d’une ligne
aérienne repose sur la couverture des coûts variables et des coûts
d’exploitation. Ceci peut être vérifié après une année d’exploitation de la
ligne. Pour les lignes de Milan et Madrid, les derniers en date en direction de
Tozeur, le bilan est positif, et ce d'autant plus que pour le Milan – Tozeur, le
taux de remplissage se situe à 74% pour les mois de novembre et décembre 2009.
Pour le Madrid – Tozeur, il est de 50%», nous a affirmé M. Ali Miaoui, directeur
général de Tunisair.
Il a signalé que ce sont les professionnels du secteur qui doivent rentabiliser
ces lignes, et non pas les tours opérateurs, qui sont plutôt préoccupés par les
grands groupes de touristes. «Ces lignes sont plutôt celles des petits groupes,
envoyés par les agences de voyages qui jouent un grand rôle dans la promotion du
tourisme dans le sud tunisien», a-t-il précisé. D’autres lignes sont programmées
par la compagnie aérienne, notamment Genève – Tozeur, actuellement en cours
d’études, mais aussi Montréal – Tunis, qui sera opérationnelle avant 2012 et New
York – Tunis en 2014.
Par ailleurs, concernant les chiffres de Tunisiair durant l’exercice 2009, le
responsable de la compagnie a indiqué que
l’activité régulière a augmenté de 3%
alors que l’activité charter a reculé de 15%.
L’annulation de la Omra et du
pèlerinage, soit 30.000 passagers, a aussi eu un effet négatif. Mais M. Miaoui
indique que les résultats du premier semestre 2009 sont meilleurs que ceux du
premier semestre 2008, malgré la baisse du nombre des passagers. Pour 2010, «il
n’y a pas beaucoup d'espoir sur une forte reprise, mais on estime qu’il y aura
une augmentation de 4% de l’activité», souligne-t-il. C'est d’ailleurs dans
cette perspective que Tunisair recevra, en juin 2010, son premier avion A320.
Quant à
l'aéroport international Zine El Abidine Ben Ali Enfidha, il constituera
une plateforme pour les vols charters et accueillera près de 60.000 passagers
jusqu’à l’été 2010.
Sur la question des
compagnies low cost, M. Miaoui souligne qu'il est en train
d’étudier des rapprochements avec des compagnies aériennes majeures. «Aucune
compagnie aérienne ne pourra s’accorder avec les compagnies low cost. Nous
sommes en train de préparer une nouvelle stratégie commerciale pour se battre
contre elles et afin de réduire les coûts tout en proposant le même type de
produit avec une meilleure qualité de services».