La
Tunisie a accordé à la promotion des
ressources humaines la priorité absolue et
en a fait la finalité première de toute action de développement. Dans cette même
optique, le pays attache la plus grande importance aux secteurs de l’éducation,
de la
formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche
scientifique, c'est-à-dire les secteurs de l’investissement dans le capital
humain.
L’éducation et la formation : une priorité nationale absolue et un droit pour
tous
Le secteur de l’éducation représente la priorité nationale absolue. A cet effet,
l’Etat a œuvré depuis les premières années de l’édification du régime
républicain et notamment après le Changement du 7 novembre 1987, à garantir le
droit à l’éducation et sa gratuité et à favoriser les conditions de l’égalité
des chances à toutes les Tunisiennes et à tous les Tunisiens.
Cette attention apparaît également à travers la réforme de l’éducation visant à
édifier l’école de demain fondée sur de nouveaux concepts qui renvoient à des
référentiels internationaux évolués et se conforment aux mutations dans le monde
et au progrès de l’éducation et des concepts tels que la société du savoir,
l’apprentissage à vie, la formation, l’employabilité et la mise à niveau.
Cette approche a été consolidée par la mise en place d’un plan national
«l’éducation pour tous» qui se caractérise par sa dimension globale en ciblant
toutes les catégories sans exclusive ni distinction, enfants, adolescents,
jeunes. Il a été, également, procédé à la mise en œuvre du programme national de
l’enseignement pour adultes et à l’insertion des handicapés dans le cursus
éducatif et de la formation.
Le système éducatif a pu, ainsi, réaliser des acquis importants faisant du
slogan lancé par l’UNESCO «l’éducation pour tous» une réalité tangible dans
notre pays où la gratuité de l’enseignement et son caractère obligatoire dès
l’âge de 6 ans et jusqu’à 16 ans, dans le cadre de l’école de base, de manière à
promouvoir la pédagogie de la réussite et à lutter contre l’échec scolaire et le
retour à l’illettrisme. Ceci a été conforté par la création de mécanisme
d’encadrement des élèves confrontés à des difficultés scolaires et notamment les
enfants porteurs de handicap.
Le nouveau système éducatif repose sur la garantie de la qualité des programmes
et leur conformité avec les standards internationaux notamment avec la
généralisation de l’enseignement.
Les acquis quantitatifs et qualitatifs du système éducatif pour l’édification de
la société du savoir
La position avancée qu’occupe le système éducatif dans les classements
internationaux est le fruit d’un travail laborieux, de réformes profondes et
d’une volonté politique plaçant l’Homme et l’investissement dans le capital
humain parmi les priorités nationales et un choix stratégique incontournable.
C’est ce qu’a confirmé le
Forum de Davos en classant la Tunisie au 10e rang
mondial dans ce domaine.
Les efforts que la Tunisie ne cesse de déployer pour promouvoir les ressources
humaines sont illustrés par les 7% du PIB consacrés à l’éducation, la formation
et l’enseignement.
A ce propos, la Tunisie enregistre un taux de scolarisation de 99,2% pour les
enfants âgés de 6 ans, filles et garçons, 97,7% pour les 6-11 ans (98 ,0%
filles, 97,4% garçons) 91,4% pour les 6-16 ans (92,4% filles, 90,4% garçons) et
75,4% pour les 12-18 (78,9% filles, 72,1% garçons).
S’agissant de l’année préparatoire, le ministère poursuit les efforts en vue de
généraliser l’éducation préscolaire pour les enfants âgés de 5 ans en raison de
son impact positif sur le rendement de l’élève tout au long de son parcours
scolaire.
Le taux d’enfants inscrits en première année primaire ayant suivi un
apprentissage préscolaire a progressé pour atteindre actuellement 72,2%.
Il convient de signaler que la généralisation de la classe préparatoire est
tributaire de la participation du secteur privé, des associations et des
organisations à l’effort du secteur public.
Au niveau du premier cycle de l’enseignement de base, le nombre d’élèves
inscrits est en baisse constante depuis une décennie. Malgré cette baisse, le
ministère poursuit ses efforts par de nouvelles créations et extensions en plus
du renforcement du taux d’encadrement et de l’amélioration du bien-être
pédagogique. La plupart des indicateurs relatifs à ce cycle se sont nettement
améliorés. Ainsi, le nombre d’élèves par classe est actuellement de 22,2 élèves
en moyenne et par enseignant de 17,1. L’amélioration de ces indicateurs a
profité à tous les niveaux de ce cycle et à toutes les régions.
Dans le deuxième cycle de l’enseignement de base et l’enseignement secondaire,
la plupart des indicateurs ont connu eux aussi une nette amélioration durant ces
dernières années à la faveur des moyens importants mis à la disposition du
secteur. Le nombre d’élèves par classe y atteint, actuellement, 27,8 élèves en
moyenne et par enseignant 14,0 élèves.
Il convient de souligner à ce propos que les objectifs présidentiels pour la
«Tunisie de demain» concernant ces deux cycles ont été atteints avant 2009 (17
élèves par enseignant au collège et 15 élèves par enseignant dans le secondaire
et 25 élèves par classe à la 4e année du secondaire).
Dans le cadre du rapprochement entre les systèmes de l’éducation et de la
formation, l’année 2007-2008 a vu le démarrage de la restructuration du système
de l’éducation et de la formation avec la création d’un nouveau cursus dans le
deuxième cycle de l’enseignement de base. Il s’agit du collège technique. Ainsi,
32 collèges techniques ont été créés l’année dernière. Ils accueillent environ
5000 élèves. En 2009-2010, le réseau de collèges techniques sera élargi avec la
création de 56 nouveaux établissements, ce qui portera la capacité d’accueil
globale dans les collèges techniques à 15500 élèves.
Volet orientation, il y a lieu de citer les campagnes de sensibilisation
entreprises par le ministère pour encourager les élèves à opter pour les
sections scientifiques, ce qui a permis de réduire le nombre d’élèves orientés
vers les filières lettres et économie-gestion aux taux respectifs de 17,7% et
17,5%.
Les principales réalisations quantitatives accomplies au cours de ces dernières
années se présentent comme suit :
Lutte contre l’échec scolaire :
- organisation de cours de rattrapage au profit des élèves ayant des besoins
spécifiques et ceux menacés d’échec ou de redoublement et l’intégration de ces
cours dans les emplois du temps officiels des professeurs,
- facilitation de l’insertion des élèves lors de leur passage d’un cycle à un
autre,
- traitement des problèmes de transport scolaire en collaboration avec le
ministère du Transport,
- renforcement des cellules d’action sociale en milieu scolaire,
Renforcer la qualité :
Continuer d’œuvrer à améliorer les indicateurs de la qualité et de l’efficience
à travers :
. La réduction du nombre moyen d’élèves par enseignant pour un meilleur
rendement pédagogique,
Amélioration des acquis des élèves et du niveau de la formation et de
l’encadrement à travers :
. L’amélioration de la qualité de l’enseignement et la diffusion de la culture
de la réussite et de l’excellence,
. L’offre de choix multiples pour l’élève dans le domaine de l’éducation
culturelle et des arts,
. La promotion de l’enseignement privé.
Réalisation du principe de l’égalité des chances et de l’équité :
. poursuite de l’insertion des élèves ayant des besoins spécifiques dans les
écoles ordinaires,
. poursuite de la promotion des écoles d’éducation prioritaire,
. poursuite de la généralisation de l’année préparatoire.
Edification de l’école de la société du savoir:
Poursuite de l’équipement des établissements éducatifs : renforcement du nombre
des ordinateurs à tous les niveaux de l’enseignement. Les statistiques font
état, actuellement, d’un ordinateur pour 25 élèves dans tous les cycles de
l’enseignement confondus (0,97 ordinateur pour 25 élèves dans le premier cycle
de l’enseignement de base et 0,90 ordinateurs pour 25 ordinateurs dans le second
cycle de l’enseignement de base et 1,26 ordinateur pour 25 élèves dans
l’enseignement secondaire)
- Intégration des technologies de l’information et de la communication dans tous
les cursus scolaires,
- Finalisation de toutes les composantes de l’école virtuelle,
- Publication numérisée de tous les programmes obligatoires des 3e et 4e années
secondaires.
Amélioration de la qualité de la vie scolaire :
- Poursuite de l’application du décret organisant la vie scolaire à travers la
consolidation des structures de concertation en milieu scolaire par la mise en
place d’un conseil de l’établissement et d’un conseil pédagogique,
- Renforcement du taux de couverture par les surveillants ;
- L’intensification des activités et des manifestations culturelles en milieu
scolaire.
Renforcement de la complémentarité entre les systèmes de l’éducation et de la
formation :
- création d’un nouveau cursus au profit des élèves qui ont un sens pratique et
qui rencontrent des difficultés de suivre les consignes qui exigent une capacité
d’abstraction. Il s’agit du collège technique qui constitue une passerelle entre
le système éducatif et la formation professionnelle.