Le coup d’envoi du projet d’amélioration de la qualité et de la productivité est
lancé, le 21 octobre 2009. Organisé dans le cadre de la coopération
tuniso-japonaise entre l’Unité de Gestion du
Programme national de la Qualité (UGPQ),
relevant du ministère de l’Industrie, de l’Energie et des PME, et la JICA, une
phase de pré-diagnostic précédera le démarrage effectif du projet piloté par
quatre experts japonais. Un séminaire d’information des entreprises a été
organisé, le 20 octobre 2009, en présence des experts afin de présenter les
différentes composantes du projet ainsi que ses objectifs à long terme.
60 entreprises et 23 consultants…
S’étalant sur trois ans, il vise le développement des capacités tunisiennes en
matière d’amélioration de la qualité et de la productivité. 23 consultants
seront, ainsi, formés et qui appartiennent au Centre technique des industries
mécaniques et électriques (CETIME), le Packtec
et l’UGPQ. Un nombre considéré
insuffisant par M. Yasuhiko Inoue, chef de l’équipe d’experts japonais. «Nous
envisageons d’étendre nos activités à six autres centres techniques. D’ailleurs,
la création d’une institution qui traite de la productivité devrait prendre la
relève pour inculquer le know how», a-t-il ajouté.
Les experts japonais auront à sélectionner une soixantaine d’entreprises qui
sera concernées par le projet durant les trois années à venir. Selon Mme Amel
Ben Farhat, directrice de l’UGPQ, 20 entreprises relevant du secteur électrique
et électronique, du secteur mécanique et de l’emballage seront concernées chaque
année. Les experts japonais devraient assurer l’assistance technique à ces
entreprises. Les consultants formés devront prendre la relève afin d’assurer
cette assistance. Les experts japonais effectueront six visites dans les
entreprises pour fixer les objectifs à atteindre durant le déroulement du
projet.
Les 5 S…
Les principes de la productivité que les experts japonais vont essayer
d’inculquer à nos entreprises sont les mêmes qui ont permis au Japon d’être ce
qu’il est aujourd’hui. Le premier, nous apprend M. Inoue, c'est la sécurité de
l’emploi, illustrée par le non licenciement des ouvriers, le second est le
travail d’équipe, le troisième est le partage des bénéfices. Une sorte d’équité
sociale qui a permis au Japon d’être une force industrielle considérable.
Concernant l’approche japonaise en matière de productivité, elle repose sur cinq
outils qu’on appelle couramment les «5 S», pour
Seiri
(ôter l’inutile, garder
l’utile), Seiton (rangement), Seiso (nettoyage), Seiktsu (standardisation),
Shitsuke (discipline). Selon M. Yoshyo Tanaka, expert japonais, ces outils
permettront de mieux organiser le travail et les cycles de production. Par
exemple, le rangement de l’espace de travail, l’instauration de règles
d’instruction aux employés, etc.
L’expérience de la société Soften
est révélatrice. Les conseils apportés par des
experts japonais lui ont permis d’augmenter sa capacité de production de 10.000
à 12.000 chauffe-eau solaires. Même s’ils ne sont pas appliqués à 100%, M.
Mustapha Jibril, DGA de Soften, a affirmé que ceci a permis à l’entreprise
d’améliorer les flux de production, le rangement de l’espace, l’introduction du
zonage et du traçage et d’un système de stockage en hauteur.
D’ailleurs, le déménagement dans une nouvelle usine a permis à l’entreprise
d’appliquer toutes ces idées dans la construction. «Nous comptons maintenant
axer sur l’introduction d’un système d’information de production intégrée ainsi
qu’un système de qualification», a affirmé M. Jibril.