100% satisfait, sinon totalement remboursé. Un «deal» de choc tant l’alternative
est honnête. Cette mention, gravée de rouge, orne une affiche publicitaire pour
une marque de yaourt. C’est peu de chose pourrait-on m’objecter, mais cela
mérite qu’on s’y arrête.
Satisfait, à 100%, ou remboursé. Le contrat est pour le moins raisonnablement
équilibré et équitable. Y a pas photo c’est un vrai contrat de confiance entre
la marque et le consommateur. Dans notre mental, cette mention a élu droit à
domicile fixe sur l’affiche publicitaire, en général. Là où elle ne figurera pas
elle laissera un trou béant que rien ne saura combler.
L’honneur de la marque était d’engager ce banco sur un produit qui n’est pas
onéreux, même s’il faut reconnaître ce yaourt est le plus cher de la place et sa
consommation doit se poursuivre pendant quelques jours pour produire l’effet
métabolique escompté. Mais c’est tout de même un pas en avant sur le plan du «B
to C» où l’avantage est du côté du producteur. Les labo pharmaceutiques ne l’ont
pas fait. A titre d’exemple quand on prend un anti inflammatoire et que la
température ne baisse pas la notice recommande de retourner chez le médecin et
non pas un remboursement intégral des frais du médicament.
Pour notre part ce qui nous a fait aimer cette initiative décidée par la marque
est d’abord qu’elle n’y était pas forcée. Par ailleurs, nous ne la soupçonnons
pas d’artifice publicitaire. Ce n’est pas une façon détournée de booster les
ventes. En la matière, les recettes classiques auraient suffi. Le fabriquant
avait l’embarras du choix entre le 6ème pot gratuit ou un cadeau sur grattage.
En agissant de la sorte, la marque contribue à asseoir de la part des
fabricants, une bonne pratique de marché. Tous n’y viendront pas en masse
demain. Mais on peut espérer que les plus organisés pensent au moins à mettre un
numéro vert pour le service consommateur et de l’inscrire sur leurs emballages.
On a envie de faire savoir nos réclamations aux producteurs et on ne sait
comment s’y prendre. On veut un recours, on vous dit. Le Seita en France,
l’équivalent de notre RNTA, vend des boîtes d’allumettes géantes et on avait
calculé que le coût de la branche d’allumette était inférieur à 1 centime,
c’est-à-dire presque gratuit et malgré tout il était inscrit sur l’emballage que
si le produit était défectueux contacter le service conso’ qui vous le
remplacera.
Ce serait un pas de plus sur la voie du commerce éthique et cela rapprocherait
de la maximisation de la satisfaction du consommateur. N’est-ce pas ce que
recherchent les marques ? A bon entendeur !
Ciments de croissance : A la fois Blue ship et valeur de croissance
C’est peut-être sous cet angle de contrat de confiance que s’est réalisée
l’introduction en Bourse de la société «Les ciments de Bizerte», une «valeur en
béton» ainsi que l’indique le slogan promotionnel.
L’entreprise est prestigieuse et ses perspectives de croissance sont
considérables. Dans un secteur à forte concurrence privée et même internationale
avec la présence sur la place entre autres de «Cimentos de Portugal» et de «Uniland»
(Espagne) qui figure dans le top ten mondial, l’entreprise garde toutes ses
chances de préserver son rang et sa part de marché. De ce point de vue, elle est
perçue à la fois comme blue ship et valeur de croissance.
L’entreprise a choisi de faire souscrire l’augmentation de son capital -rendue
nécessaire par son «business plan»- auprès du public. Les analystes, tout en lui
reconnaissant un potentiel certain, y voient davantage une valeur de fond de
portefeuille, pensant que la société aura peut-être une politique de
distribution parcimonieuse à horizon rapproché soucieuse qu’elle est de
renforcer ses réserves en temps de croissance soutenue. Il semble en effet que
la valeur ait été demandée davantage par les institutionnels que par les petits
porteurs friands de valeurs spéculatives.
Ajoutons que ces derniers avaient regretté l’absence d’un contrat de liquidité.
A l’usage, la société réserve un volant d’actions qu’elle laisse entre les mains
de ses intermédiaires introducteurs qui leur permet d’alimenter le marché sans
trop peser sur le cours.
Il faut dire que la place de Tunis est même allée plus loin et avait lancé le
contrat de maintien de cours, ce qui est de nature à obliger la société
nouvellement introduite à acheter ou vendre pour empêcher une grande volatilité
sur son titre les premiers mois de l’introduction, le temps qu’un cours
d’équilibre finisse par s’établir. On va peut-être se rattraper sur les
nouvelles introductions. Tunisiana est annoncée pour bientôt. Epargnants, à vos
bourses.
CJD : Le pari maghrébin
Ils ont choisi l’effervescence pour credo, et ont pour mot d’ordre, l’action.
Force est de constater qu’ils n’ont pas dévié de leurs valeurs et nous les
voyons s’y appliquer avec panache. C’est le sentiment avec lequel on repart
après le premier symposium maghrébin qu’ils viennent de réunir à Tunis, le
jeudi1er octobre. Une initiative de choc et nous prenons le pari qu’elle sera
suivie d’effets.
Le CJD Tunisie (Centre des jeunes dirigeants) a été le premier de la région et
a, de ce fait, contribué à l’essaimage de cette structure dans tous les pays du
Maghreb.
Ensuite, il s’est attelé à les mettre en réseau, et ce symposium maghrébin en
est un jalon important. CJD Tunisie a toujours parié sur l’innovation et il en a
fait le thème de son dernier Award pour l’année 2009. Et il est parvenu à y
rallier ses structures sœurs du Maghreb. Tous ont vibré à l’unisson pour un
sujet que ne peuvent réussir que les ‘’forts en thème’’ : «l’innovation entrepreneuriale, vecteur d’intégration maghrébine».
C’est un cri de guerre et c’est tout à leur honneur en ces temps d’économie
perturbée de se décider pour des objectifs pertinents et audacieux. Et avec
leurs moyens modestes mais leur potentiel considérable, ils se mettent dans le
sens de l’histoire.
Même s’ils ne représentent pas le dessus du panier entrepreneurial ils savent se
mettre sur le devant de la scène et donner de la voix. Leurs aînés -nombreux se
sont joints à leur appel et ils partageaient leur enthousiasme et leur banco
rageur.
En choisissant l’innovation, ils s’écartent des sentiers battus où se sont
enfermés leurs aînés car chaque pays pouvait revendiquer l’avantage de la
position dominante. Avec l’innovation, on est sur un terrain vierge et personne
ne bouscule personne, éludant les susceptibilités du nationalisme étroit qui
nous ont condamnés à l’immobilisme, des années durant.
L’innovation n’est l’apanage de personne et en revanche, elle peut être notre
dénominateur commun. De plus, c’est une voie passante et c’est une perspective
réaliste pour le Maghreb de demain. N’oublions pas que le Maghreb intégré, c’est
vraisemblablement 2 points de PIB supplémentaires pour chacun des pays membres.
C’est-à-dire que la région accèderait à un palier de 8% de taux de croissance.
Autrement dit, la région serait en mesure de doubler ses richesses touts les
huit ans.
Voilà, on est fixé sur le manque à gagner. Leur appel aura eu le mérite de
déboucher sur cette formule qui résume et synthétise l’intérêt de tous «la
solidarisation des intérêts». La messe est dite. Donc le réseautage régional
initié par Monia Saïdi et sa talentueuse équipe la veille de leur départ de la
présidence de CJD Tunisie est du meilleur effet. La bourse d’affaires qu’ils ont
lancé à cette occasion, un market place électronique est de bon augure. Le
Maghreb est en marche, sa jeunesse veille au grain. CJD, ‘’aux âmes bien nées la
valeur n’attend point le nombre des années’’ (comme dirait Pierre Corneille).