Avec un indice des prix en hausse chaque année, l’engouement d’achat du
Tunisien ne s’affaiblit pas pour autant, surtout pendant le mois de Ramadan
qui enregistre un boom de la consommation familiale. Selon le ministère du
Commerce, la moyenne annuelle de la consommation familiale pour certains
produits alimentaires s’élève d'environ 30%. A titre d’exemple, la
consommation des œufs, ingrédient indispensable des plats ramadanesques,
augmente de 100%. La consommation de la viande rouge s’élève de près de 32%,
celle des poulets de près de 40%, celle du lait de 23% et celle de l’huile
végétale de 14%.
«Il est vrai qu’au cours du mois de Ramadan, on a tendance à acheter plus et
à se faire plaisir. Des produits qu’on consomme rarement deviennent des
plats quotidiens indispensables. Mais ceci ne se fait sans une certaine
pression sur les bourses qu’on sent bien avec la fin du mois», indique
Jamila, femme au foyer.
Augmentation des prix…
Le boom de la consommation s’accompagne aussi d’un boom des spots
publicitaires, concentrés (devinez quoi !) sur les produits alimentaires,
qui deviennent la préoccupation majeure. Le panier de la ménagère se remplit
de toutes sortes de produits qu’on ne consommait pas habituellement hors
Ramadan bien que les prix soient bien à la hausse depuis le début du mois.
Il suffit de faire un tour du côté du Marché central pour le constater.
D’ailleurs, selon les données de l’Institut national de la statistique,
l’indice des prix à la consommation familiale a grimpé de 3,4% par rapport à
la même période en 2008. D’autant plus que le mois de Ramadan, survenu en
fin de la période estivale a accéléré le rythme pour que l’indice s’élève à
4,2% pour le mois d’août seulement, soit 5,8% pour l’alimentation. Par
rapport au mois de juillet, l’indice est de 1,7% pour l’alimentation avec un
indice négatif pour l’habillement de 3,9% bien que la période des soldes se
poursuive encore. Mais disons que cet indice devrait augmenter avec
l’approche de l’aïd et de la rentrée scolaire.
Pression sur le budget…
«C’est une période critique pour nous comme parents. Nous n’avons même pas
le temps de prendre le souffle et voilà que la rentrée scolaire survient»,
nous confie un parent. En fait, bien que les soldes soient prolongés jusqu’à
la fin de Ramadan, les stocks ont été consommés jusqu’au bout. Ce qui reste
ne répond pas vraiment aux attentes des consommateurs, surtout avec
l’écoulement des nouvelles collections. Dans les grandes surfaces, les
regards sont éparpillés entre les rayons de la fourniture scolaire et les
boutiques d’habillement.. Préparer la rentrée scolaire ne se fait pas
vraiment dans la douceur pour les parents. «Nous sommes vraiment à la limite
du budget actuellement. Il faut attendre le mois d’octobre ou de novembre
pour que nous reprenions enfin le souffle», nous indique un parent.
Une tendance qui n’est pas du moins réconfortante pour les commerçants bien
que nous pensions le contraire. La survenue de l’aïd et de la rentrée
scolaire en même temps ne les arrange pas trop, surtout après la période des
soldes. «Pour cette année, nous ne pouvons pas dire que la période des
soldes suivie par le Ramadan et l’aïd nous ait été profitable. Ceci nous a
mis plus de pression au niveau de l’offre face à une demande qui n’est pas
réellement suffisante. Les bourses sont déjà usées par les achats
ramadanesques», nous a affirmé un commerçant.
Disons qu’avec l’approche de l’aïd, les commerçants espèrent augmenter leurs
recettes. D’ailleurs, depuis la troisième semaine du Ramadan, les espaces
commerciaux de la capitale font du complet comme d’ailleurs pour les grandes
surfaces. Ce n’est qu’après le Ramadan que la reprise du rythme normal se
fera sentir.