Depuis l’adhésion de la Tunisie à l’OMC, la signature d’accords de
partenariat avec l’Union européenne et l’ouverture progressive de l’économie
nationale aux impératifs des échanges internationaux, l’Institut national de
normalisation et de la propriété industrielle "INNORPI", créé en 1982, est
devenu, avec la globalisation de l’ordre marchand occidental, un passeur au
monde moderne, une structure d’appui aux opérateurs tunisiens, désireux
d’accéder aux nouveaux marchés étrangers, de gagner la bataille de la mise à
niveau et de coller aux normes de la qualité, en vigueur dans les pays du
Nord.
Analysant les activités de l’Institut durant la période 2005-2008 dans les
domaines de la normalisation, de la certification de conformité et de la
protection de la propriété industrielle, les travaux de contrôle de la Cour
des Comptes ont relevé l’adéquation, à 90%, des normes tunisiennes, dont le
nombre est passé de 6781 en 2005 à 9058 en 2007, avec celles en cours dans
les principaux centres marchands du monde, le développement des ressources
propres de l’INNORPI et l’accroissement des opérations d’enregistrement des
brevets (de 155 en 2003 à 492 en 2007) et des marques industrielles (de
3.158 en 2003 à 4.706 en 2007).
Gare à l’autosatisfaction
En comparaison avec le secteur industriel, les normes afférentes à
l’environnement, indique le rapport, à la santé, à l’hygiène, aux services
et aux prestations touristiques, n’ont pas évolué d’une manière
satisfaisante.
De même, dans le domaine de la communication et de l’information,
l’Institut, jusqu'à la fin de l’année 2008, n’a procédé ni à la mise à
niveau de son système d’information relatif à la normalisation et à la
certification de conformité, ni à la numérisation des normes tunisiennes, ce
qui est de nature à retarder le réseautage et le maillage de l’institution.
Il a été relevé aussi que la direction n’accorde pas une attention
suffisante à l’examen des dossiers relatifs au dépôt des brevets d’invention
sur le plan de la forme et procède à l’établissement de son programme annuel
de normalisation en l’absence d’un diagnostic global de la réalité
économique nationale et d’équipements nécessaires aux essais et aux analyses
dans les laboratoires nationaux.
La propriété industrielle
Les investigations des contrôleurs ont permis d’attirer l’attention sur la
tenue du registre central du commerce dont l’actualisation laisse à désirer
en raison de l’insuffisance de la coordination avec les autres structures
intervenant dans le même domaine.
Par ailleurs, afin d’éviter toute imitation, de contribuer à une protection
plus efficace du consommateur contre les produits contrefaits et de protéger
les éléments de la propriété industrielle, l’Institut se devait de procéder
à la publication des marques dont il a accepté l’enregistrement. Jusqu’à fin
juin 2008, rien n’a été fait en ce sens, ce qui a retardé potentiellement la
conclusion de contrats pour leur exploitation.
On n’a pas non plus inséré dans le bulletin officiel, indique le rapport de
la Cour des Comptes, les modifications ayant touché les droits de propriété
industrielle, laissant ainsi le public sur sa faim concernant la situation
réelle des droits sur ce plan.
Des recommandations générales
L’Institut doit s’employer à combler les insuffisances relevées en
accélérant le rythme d’adoption des normes tunisiennes, l’amélioration du
taux d’encadrement technique et le développement des activités liées à la
certification de conformité.
Il va falloir aussi procéder à l’intensification des campagnes de
sensibilisation sur la culture de la propriété industrielle, à la
valorisation des brevets d’invention et à l’exécution du programme de prise
en charge des chercheurs au sein des pôles technologiques et des structures
de recherche.
Ne disposant ni d’organigramme ni de statut particulier pour le personnel,
l’INNORPI est appelé à assurer une meilleure exploitation de ses ressources
humaines, à instaurer, au plus vite, un système de gestion de la qualité et
à mettre en place une bibliothèque numérique.