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" Expat " en Afrique : un métier dur qui offre encore des opportunités aux ambitieux

 

 

Expat en Afrique c'est d'abord la galère quotidienne : tel pépin administratif tel changement subit de réglementation, une grève ou un contrôle fiscal qui peuvent menacer une entreprise à !'équilibre fragile. Il est de plus en plus difficile de faire des prévisions... et c'est souvent complètement inutile. Pour faire face, il faut des managers motivés, vigilants et capables de prendre des risques. Cependant, les entreprises basées en Afrique ont du mal à les recruter. Sur le marché du travail, l'Afrique est une mauvaise carte de visite. On lui reproche de former des petits chefs.

 

Touchés par "l'afropessimisme" et déçus par la mauvaise qualité de l'africanisation des cadres, les expatriés se sont souvent découragés. Pourtant, le technocrate formé à l'école américaine et chargé de restructurer Peyrissac (Optorg), sur un marché sénégalais en perte de vitesse, garde le moral. Il refond tous les postes de travail dans le but de remotiver le personnel et supprimer les journaliers. Il fait partie de la vague de sang neuf demandée par Gilbert Salomon à son arrivée.

 

«Il faut des patrons qui vivent sur le terrain, confiants dans l'avenir de l'entreprise», insiste Jacque Marcelin. Le nouvel organigramme leur accorde plus d'autonomie. Et le siège a réduit ses effectifs. L'opération commence à porter ses fruits. Les "expats" sont rentrés de la convention annuelle motivés par les enjeux et très confiants dans les capacités de leur président. «Il aura terminé sa mission dans deux ans et ne va pas s'arrêter là. C'est un homme ambitieux», estime l'un d'entre eux.

 

La CFAO, qui de tous temps a été moins agressive , plus "épicière" et paternaliste que la pétulante SCOA change elle aussi de culture, mais plus lentement. Aspect positif: elle a nourri un esprit de corps qui subsiste malgré l'arrivée de François Pinault. De son côté, le nouveau maître des lieux a préféré jouer fie jeu et conter la gestion de la nouvelle CFAO à des hommes du sérail. Les "Africains", compris au sens large, expatriés et nationaux, apprécient ...ils se demandent simplement qui va lire les liasses d'informations qu'ils envoient pour satisfaire fa volonté de rigueur du nouveau patron.

 

Mais l'entreprise peul elle indéfiniment compenser la dégradation du cadre de vie ? Si les avantages salariaux de toute sorte assurent un train de vie confortable et des possibilités d'épargne aux expatriés (mais attention, dans certains pays comme le Gabon, le coût de la vie est très élevé; c'est à Madagascar qu'il est le plus avantageux), leur cadre de vie se détériore, comme au Nigeria ou à Abidjan où l'on se tient sur la défensive dans fa peur d'une éventuelle agression. Sans oublier les fastidieux barrages sur tes routes... ou l'agressivité commerciale des revendeurs dons les rues de Dakar, désormais désertées par la communauté expatriée... Avec le Sida, les hôpitaux font peur. Unilever distribue à ses cadres des kit pharmacie avec seringues et substituts sanguins, pour permettre d'attendre un rapatriement d'urgence. «Si les écoles et les supermarchés fermaient à leur tour, nous aurions beaucoup moins de cadres de valeur», conclut Jacques Marcelin.

 

 

(Source : Science & Vie - Economie N°76 - Octobre 1991)

 

- Tunisie : 04- 12 - 2004 à 14:30

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