Selon l’étude sur la stratégie industrielle à l’horizon 2016, le secteur du
textile et habillement est considéré parmi les secteurs prioritaires, à côté
du secteur de l’IMEE, l’agroalimentaire et les TIC. Cette étude qui a été
mené par le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des PME a fait l’objet
d’une campagne promotionnelle intensive. Une plateforme lui a été même dédié
: www.thinktunisia.tn, présentant les atouts du site Tunisie comme un
euromedvalley pour l’industrie et la technologie.
Il est à noter que la Tunisie se classe 2ème exportateur textile et
habillement par tête d’habitant. Ce qui constitue un avantage comparatif par
rapport à son positionnement en tant qu’attracteur d’IDE dans ce secteur «
qui se sont élevés à 35,4 MDT durant les quatre premiers mois 2009 contre
7,9 MDT à la même période en 2008 », affirme M. Abdel Aziz Rassâa,
secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Industrie, de l’Energie et des
PME, lors de la conférence de presse du 5 juin 2009. Il a ajouté que 42% des
entreprises exportatrices ont augmenté leurs exportations au cours cette
même période malgré la crise.
Toujours selon l’étude, la Tunisie est le 2ème fournisseur de la France.
Cette dernière en importe deux vêtements de travail sur trois, un jean sur
quatre, un soutien-gorge sur quatre et un maillot de bain sur 2. A l’horizon
2016, on table sur 4.060 millions d’euros d’exportations contre 2.861
millions d’euros en 2008. Les investissements devraient atteindre 155
millions d’euros contre 105 millions d’euros actuellement.
« Ce qui compte à l’heure actuelle est de valoriser notre offre au niveau du
finissage et du textile technique qui sont deux filières d’avenir. Nous
tablons pour la première sur la satisfaction de 40% de la demande. Pour la
deuxième, nous sommes le 1er pays africain à avoir penser à développer,
confectionner et même produire le tissu technique », affirme M. Khaled
Touibi, directeur du textile et habillement au ministère de l’Industrie, de
l’Energie et des PME.
Pour la filière du finissage, le pôle de compétitivité d’El Fajja qui lui
est dédié devrait accueillir 210 entreprises et favoriser la création de
12.000 emplois. On compte également la formation de 500 ingénieurs et
techniciens supérieurs par an ainsi que l’amélioration du taux d’encadrement
de 6% actuellement à 15% à l’horizon 2016.
M. Touibi a indiqué que les prix unitaires dans le secteur ont augmenté
suite à la migration vers la co-traitance et au produit fini. On prévoit un
nombre de 300 entreprises qui passeront de la sous-traitance à la co-traitance
et au produit fini à l’horizon 2016, représentant 20% des entreprises du
secteur, contre 70 actuellement.
Durant les quatre premiers mois 2009, les prix à l’export ont été maintenus
alors qu’ « en Chine, ils ont baissé de 22,4% et les heures de travail ont
augmenté. De même pour le Maroc, l’Inde et le Bangladesh qui sont nos
concurrents directs », ajoute-t-il.
C'est ainsi que les responsables du secteur se montrent confiants face aux
performances du secteur au cours des mois prochains et des années à venir.
Par le biais de cette étude stratégique, ils comptent lancer un benchmarking
intensif auprès de leurs partenaires européens traditionnels mais aussi
auprès d'autres partenaires éventuels.