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  • Tunisie - CJD –SIFE  :
  • Objectif, vous aider à créer votre entreprise !
  • Par Ali Abdessalem

  • La Tunisie est le dixième pays du Continent à promouvoir une structure relevant du réseau international de «Students In Free Entreprise» (SIFE), cette ONG américaine dédiée à la diffusion de la culture de l’initiative privée jetant un pont entre l’Université et le «real market», selon l’expression de ses initiateurs. La mission de SIFE consiste ni plus ni moins qu’à pousser les diplômés des universités à mettre en pratique leurs connaissances théoriques acquises durant leur cursus d’enseignement.

    C’est un test grandeur nature de leur potentiel à encadrer une population de gens démunis, des «banlieues» ou des milieux ruraux, défavorisés, il va sans dire, à oser s’embarquer dans une aventure de création en se mettant à leur compte.

    Dite en l’état, la gageure paraît à portée de mains. Mais le pari n’en est pas moins ardu. Dit autrement, il s’agit de convertir les étudiants selon le mode SIFE à valider ce qu’on leur a enseigné au concret et donc à faire preuve de pédagogie mais aussi de sens du résultat.

    La structure tunisienne de SIFE, jusque-là en gestation est officiellement entrée en activité le mardi 28 avril 2009, ainsi que nous l’avions annoncé dans un précédant article (http://www.webmanagercenter.com.tn/management/article-74544-sife-en-tunisie-ou-quand-les-jd-se-mobilisent-pour-la-creation-d-entreprises)

    Le CJD héberge SIFE-Tunisie

    La structure naissante, œuvre du CJD, sera logée chez le Centre qui en aura été et le géniteur et l’hébergeur. Et, c’est Khaoula Boussamma, JDette et pasionaria de l’entreprenership qui pilotera SIFE Tunisie à qui elle apportera son savoir-faire en com’, son énergie entreprenante et ses réseaux. Elle a d’ailleurs rallié à sa cause Le ministère de l’Emploi, l’UTICA, l’Université et les milieux d’affaires.

    De nombreux représentants de ces divers horizons étaient venus témoigner leur attachement à l’idéal SIFE. Les débuts sont difficiles. Par conséquent, la tâche est ardue et le travail sur terrain nécessite du souffle. Les étudiants qui s’engageront devront s’armer de persévérance et avoir une solide culture du chiffre. Ils seront comptables de leurs réalisations.

    Des sponsors acquis à l’idéal

    L’initiative a suscité des élans de sponsoring qui sont plus sincères qu’intéressés de même qu’on le découvrira à travers les diverses déclarations qui nous ont été faites par les diverses personnalités que nous avons approchées.

    Ils voient dans cette initiative un ferment utile pour la diffusion de l’esprit de l’initiative privée chez les «exclus» des circuits traditionnels de l’investissement et du business traditionnel. Parmi eux, il s’agira de débusquer les candidats doués, ceux-là mêmes qui guettent leur chance se mettant à l’affût, pour s’affirmer. A ceux-là, les étudiants leur tendront la main et le savoir-faire nécessaire et les encadreront en vue de démarrer des activités indépendantes.

    Ils seront plus à leur compte en libres professionnels qu’à la tête d’entreprises au sens classique du terme. Mais ils auront eu cette chance de franchir le Rubicon et au moins entrepris de se dégager de la fatalité d'être un simple chercheur d'emploi.

    Au regard des expériences des autres pays, on peut espérer voir l’effort de nos mentors diplômés de l’université fraîchement émoulus, déboucher sur des réalisations pertinentes et audacieuses. Ils vont créer de l’espoir et transformer le rêve de ceux qui n’attendaient que leur opportunité de créer se présente à eux, réveillant cet instinct d’entreprendre qu’ils n’ont jamais accepté de refouler en eux.

    Bien entendu, au bout du tunnel, il y aura des microprojets, on le sait. Pour beaucoup, ce ne sera pas l’eldorado mais certainement une issue d’émancipation économique et sociale, une trajectoire d’affranchissement -définitif, qui sait- de l’indigence. Et comme le disait Jacques Brel, «si ce n’est pas certainement c’est quand même peut-être».

    Bon vent à SIFE et nous pronostiquons un certain succès à cette initiative, car le terrain lui est très favorable. La Tunisie possède une stratégie très avancée en la matière avec l’expérience de la BTS et bien entendu du 21-21, Fonds d’emploi pour les jeunes qui sont, eux aussi, des expériences pionnières et qui ont pris racine.

    A propos de SIFE, William Reich, responsable du programme pour l’Afrique, hôte du CJD à l’occasion du démarrage de SIFE Tunisie, nous a déclaré :

    Comment résumer la mission de votre association ?

    -Il s’agit tout simplement d’offrir l’occasion aux étudiants de devenir créatif ! Dans leur quasi-totalité, les étudiants africains quittent les bancs de l’Université sans jamais avoir eu la possibilité d’expérimenter leur savoir théorique ni même d’encadre des gens. Ce sera pour eux l’occasion d’aider les autres à oser et à relever le défi de l’entreprenariat, à intégrer le système économique en tant qu’opérateur à part entière et à créer de la valeur.

    Mais ce sera du «small business»

    - Oui mais ça n’en est pas moins du business, au concret. Il faut un début à tout.

    Etes-vous fiers de vos réalisations ?

    -Je suis content quand je vois que j’ai pu aider des gens à pouvoir résoudre leurs problèmes par eux-mêmes sans recourir à l’aide d’autrui et de tierces personnes. Se donner un challenge et le réussir, pour les plus aguerris ce sera du domaine du réel.

    Est-ce bien la juste solution en ces temps de globalisation ?

    -On ne va pas vers SIFE pour s’insérer au marché mondial. Nous resterons le radeau de bonne fortune des exclus de la globalisation.

    Est-ce que le micro business peut avoir un impact sur le PIB ?

    -De près ou de loin, il rejaillira sur le PIB. Ce seront des poches de croissance nouvelle qui n’existaient pas auparavant que nous pourrons aider à voir le jour. La corrélation est certaine, tout en étant modeste, je le reconnais.

    Et voici ce que nous a appris Hakim Samim à propose de l’expérience marocaine

    Quelles réalisations à votre actif ?

    -Nous existons depuis 2003. Personnellement je suis à la tête de SIFE Marocco depuis deux ans et demi. Nous avons 15 dirigeants des plus importantes entreprises marocaines dans notre conseil d’administration qui nous soutiennent à fond. De 5 nous voilà branchés à 30 universités avec un collectif de 750 étudiants.

    Quelle est votre stratégie d’action ?

    -C’est le mode SIFE. Les étudiants vont dans les douars, les villages et les campagnes, et aident les candidats à l’entreprenariat à faire le saut. Tel est notre credo, le leader qui tend la main aux autres pour les faire réussir.

    Quel bilan au total ?

    -Au total, ce sont 96 projets qui roulent sous forme d’entreprises, de coopératives, d’associations ; enfin peu importe leur statut juridique, je sais que ce sont autant d’oasis du bonheur pour leurs promoteurs.

    Et Hassen Bertal, DG d’Ettijati bank, partenaire de cette initiative, a bien voulu nous briefer sur la question :

    Adhérez-vous à la démarche SIFE ?

    -Oui, totalement. Il faut considérer cette initiative sous plusieurs angles. Pour les étudiants, cela représente un travail sur terrain qui soit de leur propre cru transformant ce qu’ils ont appris jusque-là en business plans pour des profanes.

    Pour les candidats, c’est un effort intellectuel qui transformera leur vie et leur mode de pensée. Peu importe la modestie de la taille des projets, l’important c’est cet esprit de compétition et cette nouvelle vision qu’ils sauront se construire sur leur rôle d’opérateur actif au sein de la large communauté économique.

    Quel rôle pour les banques dans cette initiative ?

    -Je dirais qu’il convient d’apporter une assistance morale et financière pour une association qui n’est pas encore bien dotée. Par ailleurs, nous sommes intéressés de voir des étudiants se forger un profil sur terrain et à apprendre à intégrer des gens dans la sphère productive. Ce doit être formateur et exaltant..

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