© webmanagercenter.com - 27 Mars 2009 05:07:00
- Après le pont de Carthage …..
- Par Ibtissem
-
A
Tunis, les échangeurs fleurissent à chaque coin de route, et pour les moins
jeunes qui doivent s'en souvenir, le premier échangeur a été le pont de
Carthage qui, actuellement par extension, enjambe l'avenue Bourguiba jusqu'à
la sortie sud de Tunis dont les équipements en infrastructures viennent
d'être complétés par un beau fleuron technologique qui a coûté très cher, un
pont qui relie les bords du Lac de Tunis.
Cet ouvrage aérien, qui s’enracine jusqu'à 80 m sous terre et s'en va
narguer la vase de Tunis, est un petit bijou aussi bien de par sa conception
que par son rôle. En effet, quand on revient à l'histoire de Tunis, il est
intéressant de savoir que la capitale, construite à proximité de Carthage
qui fut rasée par Rome par Hassan Ibn Noomane ou la Kahena –que les
historiens me rectifient– est venue par précaution et après avoir tiré les
conclusions de ce qui est arrivé à son illustre aînée s'abriter dans une
anse quasi inattaquable et protégée par 2 lacs et la colline de Sidi
Belhassen qui est ainsi devenue son saint protecteur.
La ville comme toutes les médinas avait ses remparts –qui avaient,
semble-t-il, 23 portes– et un port où accédaient les bateaux par un chenal
construit par le même Hassan Ibn Noomane, chenal qui a été approfondi et qui
sert toujours dans la traversée du lac de Tunis.
Ce qu'on sait moins par contre, c'est que nos ancêtres les Gaulois dans leur
mission civilisatrice, démolirent les remparts de la ville –ce qu'ils ne
purent faire à Sfax, les Sfaxiens assiégés reconstruisant les remparts
démolis le jour avec de l'huile la nuit et gardant leurs réserves d'eau
douce récoltées dans les majels- et s’en servirent pour créer la route et le
tracé du TGM en remblais qui traverse le lac et qui, depuis, l'a coupé en
lac nord et lac sud.
Le progrès aidant, on a vu refleurir, depuis l'indépendance, les berges du
lac nord et espérons que les berges du lac sud suivront et le lac de Tunis
retrouvera peut-être un jour son intégrité et serait l'un des plus beaux
plans d’eau et port de plaisance du monde.
Ceci pour aboutir à quoi ? Pourquoi ne pas, à l'image du pont de Carthage,
donner à Hassan Ibn Noomane le nom du pont suspendu, lui le premier qui a
désenclavé Tunis et lui a assuré l'accès en mer, et notre pays qui a donné
naissance à l'ifriqya se réconciliera ainsi avec son histoire.
A bon entendeur salut !