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Publicité : le ministère dénonce !
Par Khaled BOUMIZA

 


Cette journée Pub organisée par l’institut de presse , n’est pas une première, puisqu’elle en est à sa seconde édition. Consacrée à la réglementation et à la déontologie de la pub, elle aura eut au moins le mérite de voir la première autorité de tutelle, et non l’ODC, dénoncer certaines pratiques des publicitaires et les professionnels appeler au contrôle !, mais aussi et surtout d’enclencher la réflexion sur les balises à mettre à ce métier.



Vendredi 12 mars, l’IPSI (Institut de Presse et des Sciences de l’Information), organisait un séminaire sur le sujet de grande actualité qu’est la publicité. Ministères du commerce et de l’intérieur, ODC et structure patronale des agences de publicité étaient présents. Au menu, il y avait « le droit, l’éthique et la déontologie » d’un métier qui explose en Tunisie, parfois d’une façon anarchique, « pollue » l’espace visuel, grimpe sur les murs, les toits, les voitures, les bus et tout autre support, parfois au mépris du bon goût. Mais un métier aussi, il faut bien le dire, rend bien des services et deviendrait même indispensable en tant que moyen de communication, à tel point qu’on serait tenté de dire que si la pub n’existait pas, il faudrait l’inventer !


Aucune indication chiffrée, dans les différentes interventions prononcées par les différents intervenant, sur un secteur à propos duquel, personne ne semble avoir une idée exacte, si l’on excepte les différentes réglementations qui se sont succédées depuis la « libéralisation » en 1971 de ce secteur. Certaines informations existent d’une manière parcellaire, comme l’index des agences de pub, leurs connivences et liens avec des groupes étrangers du domaine ou le montant de quelques campagnes et d’une partie des budgets pub, mais rien d’officiel dans tout cela.


Le ministère du commerce, donne deux chiffres, le premier parle de 68 déclarations d’exercice du métier depuis sa soumission, en 2001, au régime du cahier des charges. Le second nous apprend qu’il y avait 112 autorisations accordées de 1971 à 2001. L’étude, annoncée par le représentant du même ministère, sur l’activité de la publicité en Tunisie et dont l’appel d’offre national (après un premier déclaré infructueux pour petit nombre de soumissionnaires) devrait bientôt être lancé, nous en apprendra certainement plus !


Cela n’empêchera pas, dès à présent, le ministère du commerce, d’avouer qu’il existe encore des lacunes, juridiques et réglementaires. Quand à la déontologie, ministère et profession, avouent à l’unisson, son absence.


A ce propos, le ministère dénonce l’utilisation, par certaines agences de publicité, de certains médias sans « aucune vergogne et sans se donner la peine d’essayer d’avoir l’accord préalable des personnes qui ont la propriété de ces médias ». Le ministère cita à ce propos, le recours à l’utilisation des adresses « e-mail » ou adresses électroniques et des numéros personnels de téléphones portables, pour des fins publicitaires. Il citera même, le recours de deux marques commerciales bien connues, la première internationale dans le domaine des sodas et l’autre Tunisienne dans le domaine des chocolats, à l’utilisation de ces deux médias et a qualifié leurs actions de «violation des droits de la propriété, comme lorsqu’on placarde une publicité sur le mur d’enceinte de votre maison ».


Mais le responsable au ministère du commerce a certainement oublié aussi, de signaler l’utilisation, sans aucune autorisation préalable, des boîtes postales, pour les inonder d’affiches et de flyers et autres supports de pub. Il ne faut pas à ce stade oublier, que c’est la poste Tunisienne qui le fait et vend ce service aux agences de publicité, sans en avoir au préalable la permission auprès des propriétaires de ces boîtes postales.


Il y a lieu aussi, à l’occasion de ce séminaire de l’IPSI, de rapporter cette idée lancée par Taoufik Hbayeb, responsable de la structure patronale des agences de publicité et c’est tout en son honneur qu’il le fasse à ce titre. Lui-même publicitaire, T. Hbayeb nous rappelle que l’espace audiovisuel vient de s’ouvrir sur une nouvelle radio et une nouvelle télévision et qui sait si ça ne sera plus. Il rappelle aussi, que le contrôle du contenu des clips et des messages publicitaires qui viennent chaque jour s’imposer sur notre espace visuel est actuellement assuré, et il le faut bien, par l’établissement de la radio Télévision Tunisienne. Le représentant du ministère du commerce aura auparavant rappelé que la commission installée à ce propos par l’ERTT n’a pour mission que de contrôler ce qu’elle diffuse elle-même. Et T. Hbayeb de se demander ici, s’il n’est pas temps de créer, à l’image de ce qui existe dans certains autres pays, un bureau de vérification de la publicité ? Gageons que l’idée ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd !
 

(c) Webmanagercenter - Management & Nouvelles Technologies - 24 / 03 / 2004 à 07 : 00

 

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