© webmanagercenter.com - 08 Février 2012 06:20:00
Pourquoi si peu de Tunisiens “Pour les 100 jours du gouvernement Jebali“?
- Par Maryam OMAR
Dans tous les pays démocratiques, on donne 100 jours à chaque nouveau gouvernement avant de lui demander des comptes, ce sont les usages et la tradition... et c'est encore plus nécessaire dans un pays en transition comme la Tunisie d'aujourd'hui.
Tel est en tout cas le credo d'une page Facebook (“Pour 100 jours au gouvernement Jebali“) qui ne semble intéresser personne en Tunisie. En vérité, on dirait que les Facebookers ne veulent pas accorder 100 jours au gouvernement Jebali à part quelques jeunes intellectuels follement épris de démocratie qui ont tout de suite affiché leur point de vue sur la page. Ceci au moment où les pages de diffamation et d'attaques gratuites contre tout ce qui bouge mobilisent les “i Like“ par dizaines des milliers!
Commençons par ceux qui sont 'contre', par exemple Mona Ben Gamra qui écrit: “C'est clair, le gouvernement Jebali n'a aucune chance de réussite. Dans 100 jours ou 200, ce sera du pareil au même. Jebali n'a fait qu'octroyer des portefeuilles ministériels à des gens qui ne le méritent pas. Le seul critère dans tout ça c'est l'appartenance au parti Ennahdha. Alors que la Tunisie aujourd'hui a besoin de technocrates et de politiciens chevronnés et non pas d'anciens détenus qu'on veut récompenser“.
Pourtant, sur les quelques dizaines de personnes qui ont réagi, ceux qui sont 'pour' dominent. Hattab Fezai affirme: “Oui, pour 100 jours pour le gouvernement Jebali et 100.000.000.000 de jours pour la Tunisie... !“. Bougottaya Ibrahim va dans le même sens: “?100 jours c’est une période suffisante pour que le gouvernement Jebali puisse agir, après ce délai tout le monde pourrait commencer à faire les premiers bilans dans tous les secteurs“.
Chargui Gharbi attire l'attention sur le parti que peuvent tirer les extrémistes de la situation en affirmant: “N'importe quel gouvernement a droit a une période de tolérance pour montrer ce qu'il a dans le ventre. Or, ce gouvernement a commencé a recevoir des coups même avant de commencer son travail; ce qui l'oblige à faire vite, plus vite à cause du manque de capacités financières et d'expérience politique... sinon il fera peut-être des fautes graves, ce qui n'est pas pour le bien du pays et ne rend pas service qu'aux intégristes de mauvaise foi“.
Quant à Kaouthar Mouelhi, elle lance carrément un appel à tous: “Le peuple tunisien doit soutenir sans limite le gouvernement Jebali en se mettant immédiatement au travail. Soyons tous responsables, ce gouvernement représente tous les Tunisiens. L'état critique de l'économie, avec le nombre de chômeurs en croissance, sans oublier nos compatriotes démunis... tous ces facteurs ne nous permettent pas de perdre encore du temps en critiquant les dirigeants, il nous faut une volonté réelle de sauvetage... Oublions nos appartenances et nos "partis" et pensons à notre Patrie. (Remarque mes amis, je défends l'intérêt de la Tunisie et non pas Ennahdha)“.
Hassen Ghédiri attaque par un autre angle, plus global: “C'est peut-être légitime de leur accorder 100 jours, mais le problème c'est qu'en Tunisie, toutes les légitimités sont aujourd'hui contestées...''
Et nous laissons le mot de la fin à Najoua Messaoud : ''Je trouve que c'est un bon débat, mais il faut quand même les laisser travailler. On n'a même pas essayé de leur donner une chance pour voir ce dont ils sont capables. Arrêtons les protestations et les sit-in pour voir ce qu'ils pourraient faire pour le bien de notre chère Tunisie!“
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