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    Tunisie-Libye: Les Tunisiens se bercent-ils d’illusions?

  • Par Moncef Mahroug
  • Avant même que la chute du régime mis en place par Mouammar Kadhafi, le 1er septembre 1969, soit consommée, le gouvernement de transition tunisien dirigé par Béji Caïd Essebsi a mis sur pied une Task Force, coordonnée par Saïd El Aydi, alors ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, chargée à la fois de gérer les problèmes –sécuritaires, politiques, économiques, sociaux, etc.- que posait la phase transitoire et de préparer l’avenir des relations tuniso-libyennes.

    Et si d’autres organisations –comme l’Alliance nationale pour la paix et la prospérité (ANPP), côté société civile, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) et la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), pour le patronat, etc.- se sont également engagées depuis sur ce terrain, aucune n’a pris la peine d’engager une réflexion de fond sur le devenir et l’avenir des relations tuniso-libyennes.

    Il aura fallu attendre que l’association Forum pour une Nouvelle République (Nou-R) prenne l’initiative de lancer le débat sur cette question –lors du séminaire organisé samedi 28 janvier pour répondre à la question «quel nouveau modèle pour le partenariat?»- et de bien le cadrer.

    Ainsi, alors que beaucoup, en Tunisie surtout, se sont fondés sur le soutien apporté par différentes composantes de la société tunisienne à nos frères libyens au plus fort de leur soulèvement contre le régime dictatorial de Kadhafi et sur l’écho que cela a eu en Libye, tant au niveau populaire qu’officiel, pour clamer voire réclamer un traitement de faveur des Tunisiens –travailleurs et entreprises- sur le plan économique, la manifestation organisée par le Forum pour une Nouvelle République aura eu le grand mérite d’appeler nos concitoyens à faire preuve de réalisme dans leur manière d’appréhender les relations tuniso-libyennes.

    Les organisateurs de la rencontre y ont du reste préparé le terrain en rappelant que «les problèmes économiques, sociaux, et politiques que la Libye et la Tunisie devront résoudre dans le sillage de leurs révolutions sont énormes» et qu’ils devront –en priorité, pourrait-on ajouter- «trouver des formules politiques qui soient acceptables aux différentes composantes de leur population».

    D’ailleurs, les responsables politiques libyens présents à cette rencontre (Ahmed Jehani, conseiller auprès de Mustapha Abdeljelil, président du Conseil National de Transition et ex-négociateur à la Banque mondiale pour la Libye; Wahib Borchane, conseiller auprès du CNT, chargé du secteur privé, et Abdallah Chamia, chargé de l’Economie au de l’exécutif transitoire libyen) ont été on ne peut plus clairs au sujet des attentes exprimées par les Tunisiens concernant les relations économiques et commerciales tuniso-libyennes. «On ne peut transposer les sentiments partagés par les peuples tunisien et libyen dans des décisions stratégiques. Toutefois, les futures institutions élues traduiront certainement cela dans des décisions», observe Wahib Borchane.

    Un son de cloche auquel répond en écho Mohamed Ali Ben Jemia. Pour ce directeur exécutif de la filiale libyenne de STUDI International, «contrairement aux Tunisiens, les Libyens sont réalistes. Pourquoi les Tunisiens demandent-ils un traitement spécial? Les Libyens ont raison de dire: Libya first (la Libye d’abord)».

  • Lire aussi : - Un nouveau modèle de partenariat tuniso-libyen est-il possible et viable?

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