Si vous étiez présents, le 19 janvier à la toute première Conférence nationale sur le développement régional, vous auriez certainement écouté avec une très grande attention la description de la situation économique par Hichem Elloumi qui y représentait l'UTICA.
Pourquoi? Parce que, dans la Conférence qui ratissait trop large à notre humble opinion, seul Elloumi est resté au ras des pâquerettes, comme il est de bon aloi pour un chef d'entreprise; là où tout doit se faire sans la moindre prétention, les grands mots politiques, le titillement maladroit des philosophies de développement, etc.
Car, ces derniers jours, quand des contestataires disent qu'ils stoppent leur sit-in, d'autres semblent n'attendre que cela pour prendre la relève et, dans cette ambiance passablement inquiétante, on respecte la passion de Jameleddine Gharbi, le ministre de plus en plus célèbre du Développement régional et de la Planification, mais on s'interroge sur la faisabilité d'un programme qui, en gros, s'attaque à quatre axes à la fois: 1) établir l'équilibre entre régions et localités, 2) agir pour la compétitivité, 3) créer plus d'emplois, 4) réduire le niveau de pauvreté.
Nos problèmes sont, en grande parte, de l'ordre de l'immédiat et il faut donc des réponses immédiates... en attendant les choses importantes et profondes qui prennent évidemment du temps.
C'est pour cela qu'écouter Hichem Elloumi était reposant, si l'on ose dire. En style télégraphique, voici ce qu'il a proposé:
- instituer la paix sociale, car sans sécurité on ne peut travailler,
- débloquer la roue de l'économie, si elle est grippée, pas de reprise de l'investissement, donc pas de croissance, donc pas de création d'emplois,
- nous avons besoin d'une certaine visibilité, on n'investit pas quand on ne sait pas où va le pays,
- mesures d'urgences: problèmes de financements des entreprises car les banques se font frileuses, concurrence déloyale avec le secteur parallèle, crise de la zone Euro...
Il rappelle aussi que:
- la Révolution n'a pas de prix mais nous savons aussi qu'elle a un coût,
- le président de la République a appelé à une trêve de 6 mois.
Maintenant, et dans ces conditions, par quel bout prendre la proposition de Hichem Elloumi pour la création d'une “Commission de libération de la croissance“? Une telle chose est-elle vraiment réaliste alors que le modèle français dans lequel M. Elloumi a puisé son idée est en perte de vitesse? Pour cette année, n'est-il pas trop tard pour cette libération de la croissance?