Tunisair : Baisse du déficit en 2003

Par : Autres

Tunisair : Baisse
du déficit en 2003

Par
Khaled Boumiza

 

M.Rafaâ Dkhil semble sur le point de gagner son pari de sortir Tunisair de l’ornière et de la ramener l’année prochaine vers le
gain. Avec la touche du destin qui a toujours caractérisé sa gestion des
entreprises publiques et l’opiniâtreté qui a fait maintenant naître
l’unanimité autour du plan de restructuration; les preuves sont presque
faites. La première et pour la seconde année consécutive, les pertes
enregistrent une
baisse importante !

tunisair130204.jpgIl l’avait promis, il est entrain de le réussir ! Aux dernières nouvelles,
il semblerait bien, en effet, que Rafaa Dkhil va gagner son pari de stabiliser
le résultat de Tunisair en 2004 et de la ramener, à partir de 2005, de
nouveau vers des résultats positifs.

Selon les dernières informations dont nous disposons, le transporteur aérien
national terminerait l’année avec une hausse de 3% en terme de chiffre
d’affaires, malgré la baisse de 6% en terme de passagers transportés. Un
concours d’heureuses circonstances financières pour Tunisair (Mais aussi la
chance dont a toujours jouit ce grand travailleur, depuis qu’il a été à la
Compagnie des phosphates de Gafsa), combinée au plan de restructuration de
l’entreprise que la direction est entrain de finaliser, aurait
ainsi fini par donner ses fruits.

 

La chance, c’est surtout cette combinaison entre hausse de l’Euro (qui
constitue le gros des recettes de la compagnie) et baisse du dollar (qui
constitue le principal de ses dépenses). Il n’y aurait pas eu cette
heureuse combinaison de plusieurs facteurs d’une conjoncture internationale
bien particulière, ce serait le statu quo dans les résultats. En effet, si
l’année 2003 avait plutôt mal commencé, le second semestre avait apporté une
amélioration à deux chiffres et septembre avait fini par tout ramener vers
le statu quo, selon les observateurs du marché du transport aérien.

Cette bonne tenue, exceptionnelle, du chiffre d’affaires pour l’année 2003,
aurait pour incidence directe de ramener le déficit de l’entreprise, de plus
de 30 MDT en 2002 à moins de 10 MDT, selon nos sources. Mieux encore,
l’année 2004 s’annonce plutôt bien (touchons du bois !), puisqu’une hausse
de plus de 13% est attendue dans l’offre en sièges de l’entreprise. 2004
serait ainsi bel et bien l’année transitoire annoncée par R. Dékhil, pour le
retour aux résultats positifs à partir de 2005.

Le plan de toute la concorde

L’information de la baisse du déficit est d’autant plus importante, qu’elle
s’accompagne d’une bonne marche du plan de restructuration. Et qui plus est,
un plan qui jouit maintenant, on ne dira plus de l’accord, mais du soutien
des travailleurs de Tunisair. Jugez-en ! Une des principales composantes de
ce plan de restructuration, la compression des dépenses générales, de 10 à
15% de la direction générale.

 

S’y greffe un important sacrifice du personnel dans des portions, jadis
considérées comme sacro-saints acquis, tels que l’assurance maladie,
l’habillement, la billetterie pour le personnel ou le fonds social qui a
même été gelé l’année dernière. Mieux encore, cet accord signé avec les
pilotes pour assurer eux-mêmes l’assistance technique à l’étranger et cela
pendant 3 années. Un accord qui fera gagner à l’entreprise, pas moins de 1,5 MDT par an ! C’est dire le degré de réussite de ce plan de restructuration
et qui rassure sur l’avenir de l’entreprise et pousse même à
l’optimisme !

Ce volet de compression des dépenses comprend aussi, la réduction de
l’effectif en surplus. 1 109 personnes ont été, jusqu’ici touchées par ce
plan social et qui permettra  de réduire les charges de 20 MDT par an. Tout cela à côté de
la réduction, de 220 à 80 MDT, du budget d’investissement de l’entreprise,
ce qui ne l’empêche pas d’ouvrir ses ailes et d’ouvrir d’autres lignes,
comme celles de l’Afrique.

 

Mais aussi la vente du patrimoine non lié à l’activité directe de
l’entreprise. A ce titre, nous pouvons annoncer que Tunisair a cédé le club
Aldiana à un groupe Tunisien connu dans le domaine du tourisme et du
transport aérien, le mieux disant choisis par le
secrétariat d’Etat chargé de la privatisation, pour un montant de 11,5 MDT.
Une opération déjà enregistrée en bourse. Pour l’assistance au sol, la
compagnie compterait créer une filiale à 100% Tunisair.


Le groupe Tunisair :
En os en attendant la chair

Autre composante essentielle du plan de restructuration, qui semble déjà
très bien engagé, l’externalisation de certaines activités. Si le catering a
déjà abouti à la création de Tunisie Catering; Tunisair vient de lancer
3 appels à manifestation d’intérêt pour la maintenance des avions,
l’informatique et la création d’un centre d’appel. L’objectif est, tout à la
fois le dégagement de l’entreprise des activités qui ne représentent pas le
cœur de cible de son activité principale, et la recherche d’un partenariat
international qui peut lui apporter une valeur ajoutée technologique et un
portefeuille clients.

 

Les plus importants groupes internationaux ont déjà manifesté leur intérêt
et retiré les cahiers des charges. Pour la maintenance, on nous cite des
étiquettes de renoms tel qu’Air France, Lufthansa, Sogerma, la Snecma et
même des américains. Pour l’informatique, c’est encore Air France et
d’autres comme les Emirats Arabes Unis. Côté Call Center, c’est des big tels
Lufthansa, la Sita ou Cos Tunisie.

De tout ce volet, devra naître le schéma du « Groupe Tunisair » que Rafaâ
Dékhil a annoncé au cours de la dernière assemblée générale. Ce groupe devrait,
selon nos informations, comprendre 8 sociétés (4 de services et 4 de
production), en plus de l’entreprise mère. A côté d’Amadeus qui s’occupera
de la billetterie et de la société qui gérera le simulateur de formation, il
devrait y avoir, Tunisair Systèmes pour l’informatique et les
télécommunications, le Call Center, Tuninter, Tunisie Catering, Tunisie
Technique pour la maintenance des avions et Tunisie Handeling pour
l’assistance et le traitement des passagers.


Un Tunisien
pour la vente à bord

Alors que l’appel d’offres concernant le handeling ne saurait tarder, celui
pour la concession de l’activité de vente à bord, serait quand à lui à la
phase du dépouillement. Ces offres proviennent, essentiellement, de deux opérateurs. Le premier, serait l’opérateur Français « Aéroboutique »
et le second du groupe Tunisien Hmila. Ce serait ce dernier qui aurait donné
la meilleure offre. Avec lui, Tunisair compte bien se dessaisir du stock
matière, de la gestion de ce stock et du personnel y afférant, bénéficier
d’un nouveau matériel de vente à bord plus moderne et faire bénéficier le
personnel chargé de cette vente à bord, d’un système de motivation
supplémentaire. En contrepartie, Tunisair recevra 40% du
chiffre d’affaires réalisé par l’opérateur privé sur ses avions. A signaler
que
le chiffre d’affaires de la vente à bord avait atteint en 2003, la somme de
13 MDT.

Coté plan de restructuration, on apprend que l’étude de stratégie
commerciale (300 pages, rien que ça !) a déjà été réalisé par Lufthansa. Du
coté du premier ministère, le groupe de travail qui devait étudier la longue
liste des défaillances et d’erreurs de gestion, a dégagé des
recommandations; ces dernières sont en cours d’exécutions.

Tous les volets de ce plan, devraient être terminés à la fin du premier
semestre de cette année. Les premiers résultats devraient être visibles dès
2005 et le rythme de croisière de ces répercussions sur les résultats de
l’entreprise, devrait être atteint dès le début de l’année 2006. A voir la
remontée spectaculaire de l’action Tunisair au cours de 2003, la bourse
semble plutôt faire confiance à Rafaa Dkhil !

 

 

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16 /
02 / 2004 à 07 : 00